Sur fond de crise sanitaire, les renouvellements des contrats d’assurance pour 2021 s’annoncent difficiles … 

Nous observons en effet un net durcissement dans les conditions proposées par les assureurs depuis le mois de septembre. Cela se traduit par une augmentation des primes et des franchises et parfois même, une baisse de garanties. 

Ce phénomène devrait malheureusement se poursuivre sur 2021.

En fonction des contrats, quelques rares marges de manoeuvre peuvent exister … mais elles se réduisent.  

Que se passe-t-il ? 🤔

Si la situation peut varier en fonction de la nature des risques et des contrats, une chose est à peu près certaine, toutes les entreprises seront touchées par ce “retournement” de marché. 

Pour vous aider à y voir plus clair, vous trouverez ci-dessous, deux articles accompagnés de “verbatim” décrivant assez fidèlement la situation actuelle (vous pouvez cliquer sur le nom du média pour accéder à l’article)

Les échos – 22/09/2020 – Assurance : les entreprises se préparent à de fortes hausses de prix​

  • ​« On a vraiment un marché qui se retourne »​
  • « la grande différence par rapport à l’an dernier, c’est qu’à l’époque, les hausses de primes étaient très ciblées. Là, chez certains assureurs, le mouvement de hausse est appliqué en râteau et de façon très violente »​
  • « l’Amrae évoque des hausses de prix allant de 10 à 30%, voire à plus de 50 % pour une entreprise à risques ou sinistrée »​

L’argus de l’assurance – 10/09/2020 – Dommages des entreprises, des renouvellements à haut risque…​

  • ​« AGCS, la filiale grands risques d’Allianz, affiche des hausses de tarifs de 20 % en moyenne, et Axa XL de 14,5 %. »​
  • « Les porteurs de risques ont tendance à vouloir appliquer des augmentations presse-bouton. »​
  • « Nous avons plus que jamais besoin de connaître ce que nous assurons. »​
  • Cette nouvelle rigueur technique des assureurs arrive « à un moment où les assurés ont plus de difficultés à les assumer financièrement »

Plusieurs raisons expliquent ce retournement brutal.

 

Une hausse de la sinistralité ️​⛈️ : Les assureurs nous font part de leurs inquiétudes vis à vis d’une sinistralité qui s’aggrave. Même si celle-ci s’est probablement améliorée pendant le confinement, cette courte amélioration n’est pas représentative. La hausse de la sinistralité (Catastrophes Naturelles, Vandalisme, Incendie …) est, malheureusement, une tendance de long terme et la situation ne devrait pas s’améliorer dans les mois qui viennent. 

Le niveau des provisions techniques est insuffisant​ 📉: Cela s’explique par des niveaux de primes de risque trop faibles. Pour rappel,  la prime de risque est une composante de la prime d’assurance (avec les frais et taxes) et représente le coût probable de sinistre que représente le risque à assurer. Concrètement, si l’assureur estime que, pour un risque donné, la probabilité d’un sinistre de 100 000,00€ est de 0,5% alors la prime de risque sera de 500,00€.

Depuis plusieurs années, en raison d’une concurrence exacerbée, le niveau des primes de risque est trop faible et ne permet pas aux assureurs de provisionner suffisament les sinistres.

Un environnement de taux négatifs durable​ 💸 : Le “business model” d’une compagnie d’assurance est de collecter des primes, puis de faire “fructifier” cette mane financière afin d’être en mesure, dans un futur proche ou lointain, d’indemniser les sinistres de ces clients. 

Les conditions de marchés actuelles (taux très faible voire négatif) entraînent mécaniquement des pertes pour les assureurs. 

Les impacts du COVID 19 ​🦠: Force est de constater que les assureurs n’ont pas brillé par leur communication pendant le confinement. Il serait néanmoins injuste de les accuser d’inaction. En effet, avec plus de 2Mds de mesures extracontractuelles mises en jeu, le secteur de l’assurance est l’un de ceux ayant le plus participé à l’effort national. C’est paradoxalement celui qui a subi le déficit d’image le plus important.

Que faire face à cette situation ?

 

Comme nous l’indiquions précédemment, ce retournement est brutal et concerne toutes les compagnies d’assurance. L’ensemble des entreprises (de la TPE à l’ETI) devraient donc être impactées par cette situation.

Plusieurs leviers existent néanmoins pour réduire voire neutraliser ces revalorisations:

  • Revoir les conditions de votre contrat: La première étape est de réaliser  un audit de vos contrats afin d’identifier les axes d’améliorations et de négociations possibles: (Augmentation des franchises, Baisse de certaines garanties​, Evolution de la LCI).  L’impact n’est pas assuré mais c’est probablement le levier le plus simple à “actionner”.
  • Interroger d’autres assureurs: Le marché de l’assurance reste un marché concurrentiel. Même si la situation actuelle est globalement la même chez tous les assureurs, une revalorisation trop importante qui serait injustifiée (absence de sinistre par exemple) doit faire l’objet d’une négociation spécifique. En cas de refus par l’assureur d’améliorer sa position, un appel d’offre peut être envisagé… sans garantie de succès malheureusement. 
  • Investir dans les mesures de prévention et de protection de votre entreprise:  Réduire la probabilité de survenance d’un sinistre (ou sa probable intensité) reste le meilleur moyen de baisser, durablement, le montant de vos primes d’assurances. Pour se faire, de nombreuses actions peuvent être mises en place (cartographie des risques, travaux d’éléctricité, installation de RIA …).

Nous espérons que cet article vous a plu. Si vous avez une question ou une remarque n’hésitez pas à nous les indiquer en commentaire (en toute bienveillance bien entendu) 😇.

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